jeudi 9 mai 2013

Medi Terra Nea - Paris 9e

Le prétexte : envie de tapasser.
Le contexte : ça vient d'ouvrir et c'est déjà bien ficelé.


Tu connais Matsuri et ses sushis qui tournent? C'est assez rigolo, tu te fais exploser le bide en 20 minutes chrono et tu t'en sors avec une addition a 4 chiffres parce que les 3/4 des assiettes qui ont osé te narguer en roulant sous ton nez, tu les as boulottées. 



Medi Terra Nea a ouvert il y a une semaine rue du faubourg Montmartre, et même s'ils te racontent que leur concept n'a rien a voir, c'est tout pareil.


Tapis roulant avec portion tapas en open service, tabouret haut autour du dudit tapis, et une carte de spécialités chaudes à commander en plus de ce qui tourne sur l'autoroute gourmande. 
La vraie différence? L'identité et la qualité des mets que tu peux choper. Chez matsuri, sushis a gogo et plutôt mauvais. Chez Medi Terra Nea, tapas aux saveurs méditerranéennes, produits de qualité, créativité et originalité.

La table à éviter, la seule au centre, faut se lever pour se ravitailler...

Le lieu (un ancien restaurant asiatique avec buffet a volonté mêlant allègrement sushi et riz cantonnais) s'est payé un sacré lifting, le grand espace respire avec ses tables qui respectent l'intimité, sa luminosité et sa déco bois éco-friendly. 


Dans l'assiette, c'est crédible, les saveurs tournent autour de la mer méditerranée et de Marseille à Marrakech en passant par Athènes, on tient son voyage sans bouger. 

Dans les derviches tourneurs à attraper au lasso, tu retiens :

"Tu me fends le cœur" (pois chiche, romarin, chorizo).
Tu attends du houmous et ce sont 3 grosses frites qui arrivent, avec la texture d'une croquetas très crémeuse, recouvertes d'une panure toute fine. Explosion de saveurs brûlantes en bouche, quasi érotisme du contraste crousti moelleux, tu t'en remets à Dieu.

Salade d'olives

Salade d'olives (olives, cumin, persil)
Ce qui s'apparente à une grossière tapenade mal mixée est en fait le très délicat équilibre entre l'amertume de l'olive, la douce rondeur du cumin et le peps du persil. Simple, mais diaboliquement gourmand, même pour quelqu'un qui assimile principalement l'olive à une vulgaire décoration pour pizza surgelée. 

Dans les "à commander parce que chaud devant", tu choisis sans soucis : 

Gordon tranché en 2

Gordon (veau, mozza, cumin)
Une grosse boulette de veau panée avec un petit cœur de mozza. Le veau fait le beau, rosé, tendre et juteux, la mozza sans abus d'élasticité est fraîche comme une brise d'été, la panure toute en légéreté et bien dosée en cumin font que tu vas succomber.

Cabillaud à la plancha

Le cabillaud à la plancha.
A adopter pour la pureté du produit, juste saisi sur la peau, sa chair se détache nettement et son velouté vient caresser ton palais. C'est délicat comme des dessous en soie.

Famous Fallamous (fallafel)

Famous Fallamous (pois chiche, fève coriandre).
Une croûte épaisse sur laquelle tes crocs viennent taper avant de plonger dans les milles et un parfums qui te font instantanément te sentir bronzé.  

Tu regrettes mais vu le potentiel, ça va sûrement s'améliorer : 

Boeuf, argan, sumac

La répétition des accompagnements, comme l'avocat fadassou sous plusieurs bouchées ou la salade de coriandre, plutôt là pour décorer.

Secreto ibérique

La ratatouille super relevée, divine à dévorer, mais qui avec ses gros sabots explose le malheureux secreto, ce morceau si fondant du cochon qui mériterait plus de respect.

Oeuf, fruits sec, argan

Le manque cruel d'assaisonnement, sur 3-4 tapas, comme si elles avaient été boudées. Dommage pour cet oeuf au coulant charmant mais que les fruits secs ne parviennent pas à sauver dans son manque de personnalité.

Chocolat, piment, crème

Tu reviendras, pour dévorer les autres plats à commander, ceux à la plancha sont parfaitement cuits, on voudrait tous les tester. Et la prochaine fois, tu garderas un peu plus de place pour le sucré, faut apprendre à se réserver, la crème chocolat pimentée a fait vibrer ton palais, tu en aurais bien abusé.

13, rue du Faubourg Montmartre
75 009 Paris
Tél : 01 47 70 53 04
Ouvert du lundi au samedi.
Tapas entre 3,5€ et 6,5
(pas de CB pour l'instant)

mardi 23 avril 2013

Dessert de princesse : la tarte aux pralines rouges

Le prétexte : Sève, maître chocolatier-pâtissier.
Le contexte : La capitale des gones voit la vie en rose.

Ugguette, la brebis qui porte des Ugg.

Tu as craqué sur son minois coquin à Pâques dernier, Ugguette la brebis en chocolat était vraiment à croquer. A l'origine de cette jolie création, la Maison Sève à Lyon. Richard Sève, maître chocolatier, et sa femme Gaëlle, styliste, sont deux purs produits lyonnais attachés aux classiques de leur région, mais qui savent aussi innover.



Dans leur boutique aux Halles, design et tradition sont copains comme cochon. Tu croises torses chocolatés, entremet Make-Up très coloré, joufflus macarons et pâtes de fruit. 


Mais la vraie star de la boutique, c'est cette mythique spécialité lyonnaise à base de praline rouge, gourmandise colorée facile à transporter, conçue au XXe siècle pour accompagner partout les aisés industriels de la soierie. Impossible de la louper avec son ton rouge-rosé, elle assume son teint prononcé et sa surface cabossée. Sa pâte fine croustille le beurre et l'amande et sa crème figée aux pralines fraîchement concassées conserve son onctuosité. Méfie toi, c'est bien plus délicat qu'il n'y paraît, et tu as vite fait de t'enfiler la moitié.

Crédit photo : Fabrice Veigas


Si désormais tu rêves de la croquer et que tu n'es pas de Lyon, tu peux la commander en ligne ou retrousser tes manches et pâtisser. Le plus dur sera de patienter, que ce soit la nuit de repos imposée ou la livraison de ton paquet...


Véritable tarte à la praline rouge, la recette du Maître Chocolatier Richard Sève :


Ingrédients :
120 grammes de beurre
60 grammes de sucre glace
60 grammes de poudre d’amande
1 cuillère à soupe de miel d’acacia
1 petit blanc d’oeuf
150 grammes de farine
200 grammes de pralines rouges
200 grammes de crème fleurette à 35 % MG
Billes d’argile


Facile
Temps de préparation : 25 minutes
Cuisson : 45 minutes
Repos : 1 nuit


• La veille, dans le robot, travaillez 120 grammes de beurre mou, incorporez 60
grammes de sucre glace, 60 grammes de poudre d’amande, 1 cuillère à soupe de miel d’acacia et 1 petit blanc d’oeuf.
• Ajoutez 150 grammes de farine et pétrissez sans trop travailler la pâte. Roulez en boule, emballer et placez au frais.
• Pilez 200 grammes de pralines rouges, faites bouillir 200 grammes de crème
fleurette à 35 % MG et, versez les pralines hors du feu, mélangez bien au fouet, couvrez et mettez au frais jusqu’au lendemain.
• Le jour même, préchauffez le four sur th. 6/180°. Sur un plan de travail fariné, étalez la pâte sur 5 mm d’épaisseur et placez-la dans un moule à tarte préalablement beurré de 28 cm, recouvrez d’un papier sulfurisé et parsemez de billes d’argile. Enfournez 10 à 15 min.
• Otez le papier et les billes, versez la crème aux pralines et remettez au four pendant 25-30 mn ou jusqu’à complète ébullition de la crème. Laissez tiédir et dégustez la tarte telle quelle ou avec une glace à la vanille.


Chocolaterie - Pâtisserie Sève
Les Halles de Lyon Paul Bocuse
102, cours Lafayette
69003 Lyon

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