dimanche 29 juillet 2012

Les Grandes Bouches. Paris 17e.

Le prétexte : viens ripailler sans te sentir engoncé.
Le contexte : ouvre la grande, ça va enfourner du lourd.


Bienvenue aux Grandes Bouches, un resto de quartier comme tu sais les apprécier, sans chichis et sans rond de jambes, tout en générosité. Caroline et Gauthier Moncel aiment les beaux produits, respecter les saisons et saupoudrer leurs plats de touches exotiques rapportées de leurs virées à l'étranger. Bon, rien de nouveau sous les tropiques, mais dans le quartier, c'est plutôt bien tombé. 


Petit amuse bouche pour te mettre en appétit, c'est jamais de refus, dentelles de pain au gros sel et guacomole à tartiner, c'est chouette et goûtu.


Radis multicolores à picorer en entrée, croquant en toute simplicité, c'est savoureux et léger, à accompagner d'une planche de charcuteries corses histoire de se sentir omnivore et pas lapin dans un potager, on est quand même pas là pour se laisser aller. 


Pour continuer les festivités, une côte de boeuf de l'Aubrac à partager. A dévorer à 3 elle te fait un plat complet et la qualité est là, tu te sens pas arnaqué.



Du boeuf saignant et fondant, bien grillé tout autour, tu t'en lèches les babines et tu l'assaisonnes joyeusement. Entre la sauce aux herbes et l'os à moelle, tu te sens heureux, un peu de gros sel, un tour de moulin de poivre et tes papilles s'affolent, cette fois tu es carrément carnivore, toutes canines dehors.


Pour finir, la tarte au chocolat ultime. Celle qui renferme un coeur crémeux au caramel et croustille le salé avec des cacahuètes enrobées. 

Et le vin dans tout ça? une jolie carte avec des vins sympas, de petits vignerons, de jolies découvertes et des soirées dédiées au champagne qui allient vin et plat avec habileté.
Monsieur A. a testé ici et pour avoir toutes les infos sur les dîners Champagnes Inédits, Tables Insolites, c'est par ici
Prochaine soirées aux Grandes Bouches le jeudi 20 septembre autour des champagnes Extra-Bruts.

Plus de photos des plats des Grandes Bouches sur Face de Bouc.


Les Grandes Bouches
78 Rue de Lévis  
75017 Paris
Tél : 01 43 80 40 36
Ouvert du mardi au vendredi, midi et soir et le samedi soir.
A la carte : env 45-50 € sans les vins.
Côte de boeuf à partager (on s'y fait les crocs à trois avec facilité) : 75 €

dimanche 22 juillet 2012

Ciel mon Paris ! Le Ciel de Paris, Paris 14e

Le prétexte : profiter de Paris comme un touriste.
Le contexte : plus près des cieux et plein les yeux.


T’as beau vivre à Paris depuis un paquet d’années, c’est pas pour autant que t’as tout visité. Payer pour contempler sa propre ville, ça paraît stupide, pourtant une fois le fait accompli, tu regrettes de ne pas t’en être mis plus tôt plein les mirettes. 


Tant qu'à faire, autant marquer le coup et s'assoir quelques heures avec la belle à ses pieds, quelques uns des miradors bien placés proposent de quoi se restaurer. Le Ciel de Paris, au 56e étage de la Tour Montparnasse, en fait parti, dépaysement assuré entre la déco années 70, genre vaisseau spatial à la Star Trek et la vue irréelle qui donne des ailes.


C'est bien de s'en mettre plein les yeux, mais dans ton estomac y'a comme un creux, heureusement des gougères et des sablés olives parmesan te sont servis pendant que tu choisis ce que tu vas déguster.

Dans les entrées, tu peux trouver : 

Croustillant d’amande, ail croquant, agneau & légumes du soleil confits

 Tuile au safran, tourteau, gambas, sucrine, vinaigrette à la truffe d’été

Homard, salade d’herbes folles, vinaigrette à la truffe d’été

Et dans les plats, voilà le genre de choix :

Filet de bar, beurre au Champagne, asperges croquantes à la plancha

 Homard "tout entier, tout décortiqué" 
Riz noir façon risotto aux févettes, émulsion à la vanille Bourbon

Mais surtout, garde bien de la place pour les desserts, ils vont définitivement te faire quitter terre, le chef pâtissier Baptiste est un ange chu du ciel pour assouvir tous tes caprices.

Saint Honoré aux fruits rouges

Croustillant aux pistaches, crèmes légères pistache & framboise

La spécialité du Ciel de Paris, ce sont les millefeuilles. Version salée (entrées 1 et 2) ou sucrée (dessert 2), ils te font prendre encore quelques centimètres de hauteur, avec audace et saveur, même pas peur.

Enfin, pour les amoureux des bulles, le Bar à Champagne devrait faire des émules.

Le Ciel de Paris
Tour Montparnasse - 56e étage
33, avenue du Maine
75015 Paris
Tél : 01 40 64 77 64 
Ouvert tous les jours
Menu déjeuner : 29 et 38 €
Menu dîner : 65 et 114 € 
A la carte : entre 85 et 150 €

mardi 10 juillet 2012

Les Canailles - Paris 9e

Le prétexte : chroniquer les plaisirs Canailles.
Le contexte : bistronomique académique.



Le 9e recèle de bonnes adresses, entre Pantruche, Braisenville, Le Garde Temps, c'est le paradis des gourmands. Avec ce temps de chien  en plein mois de juillet, tu pourrais te laisser aller au vague à l'âme, te sentir comme un poisson rouge à tourner dans son bocal. Heureusement, Les Canailles a ouvert au début du printemps, et tu n'as peut être pas encore pris le temps d'y trainer tes papilles à l'affût de bons plans.

Cake jambon et herbes

On t'accueille chaleureusement, petit cake tiède à déguster pendant que tu choisis sur le tableau noir le menu qui te sied. Entrées, plats et desserts sont au nombre de 4, juste assez pour que tu hésites sans y passer la nouvelle année.

Carpaccio de langue de veau, sauce gribiche

Servi tiède, ce carpaccio insolite aux saveurs réconfortantes fait palpiter ton coeur comme une adolescente. Langue et langue s'entremêlent, c'est fondant, doux sur le palais, le parmesan s'échauffe et la sauce sautille, tu es sous le charme de ce plat d'antan.


Faux-filet épais, pleurotes, gratin de coquillettes

Un faux-filet saignant haut comme la Tour Eiffel, avec un vrai jus, quelques pleurotes poêlées à l'ail et aux herbes, comme ta mère les fait en rentrant de la forêt. Tu peux juste lui reprocher une certaine fermeté qui te donne des mâchoires d'acier. A côté, pour parfaire le régressif, un gratin de coquillettes, méli-mélo crème et fromage qui te rappelle tes années trottinette.

Poignée de Raisins, Gramenon

Un grenache en biodynamie, énergique et tonique, sur un fruit mûr et intense, dense. Il s'accroche à la bidoche et la secoue gentiment, riche et gourmand, du genre opulent, une poignée de raisins concentrée dans ton verre qui t'en envoie plein le nez.

Baba au rhum, chantilly à la vanille

Le Baba te laisse pantois, large comme la paume de ta main, il est pourtant aérien, divin. Imbibé juste ce qu'il faut pour te faire digérer les agapes qui ont précédées.

Portions XXL, générosité exxxxtrême de l'équipe et de l'assiette, aux Canailles c'est ripaille, évite de caler un marathon après ton déjeuner, tu pourrais trépasser.


Les Canailles
25, rue la Bruyère
75009 Paris
Tél : 01 48 74 10 48
Ouvert du lundi au vendredi, midi et soir
25 € entrée-plat ou plat dessert, 33 € le grand chelem.
La carte change régulièrement.

samedi 7 juillet 2012

Olivier Dauga chez Dessirier - Paris 17e

Le prétexte : y'a des faiseurs de pluie, c'est d'un ennui. Mais un faiseur de vin, ça me donne le béguin.
Le contexte : quel est le crétin qui a dit que les vins rouges avec le poisson, ça craint ?

Olivier Dauga

Tu as déjà rencontré Olivier Dauga? Tu t'en souviendrais, ce gars là a un style inimitable, aussi bien dans ses vins que dans ses chemises aux motifs peu communs. C'est le genre que même ta gardienne trouverait sympa, enthousiaste et passionné, jovial et impliqué, on sent qu'il aime se marrer mais sait aussi bosser comme un taré. 

Tartare de daurade, chips à l'encre de seiche

L'autre jour, c'est chez Dessirier qu'il a donné rendez vous pour présenter des vins du vignoble bordelais dont il est le consultant attitré. Voilà qui est osé, tu penses même deux secondes qu'il est cinglé, un restaurant spécialisé dans les poissons pour déguster des vins rouges généralement plutôt boisés, faut être un peu tordu dans ses pensées. 

Château de la Jaubertie 2011 - AOC Bergerac Rouge

Pour débuter les festivités, un tartare au caractère affirmé, bien assaisonné, surmonté d'une chips fortement iodée. Il vient se frotter à un jeune rouge aux tanins légers, savoureux et charnu qui sait amadouer la daurade et ses généreux cubes ouatés. 

Salade César de la mer

La salade césar est ici revisitée par un chef qui a du doigté. L'équilibre entre les fruits de mer fondants, la romaine croquante et la sauce aux harengs est envoûtant.

Clos 56 2010 - AOC Pomerol

Et le Pomerol Clos 56 qui lui tient compagnie est de cet avis. Cette cuvée haute couture, élégante comme un pur sang espagnol, piaffe joyeusement autour et aide le plat à prendre son envol.

Poêlée de seiche, ail et olive

Tu en entends hurler que non, vraiment, l'ail c'est pas possible, sur le vin, mais mon Dieu ça va le tuer. Pourtant c'est d'une subtilité, comme une légère brise d'été, c'est parfumé sans rien écraser. La seiche est fondante, l'olive bien présente, c'est beau comme un bal des jeunes débutantes.

Château Milon 2009- AOC Saint Emilion Grand Cru

Exactement ce qu'il fallait à ce Saint Emilion Grand Cru. Ses épices et ses fruits mûrs, ses tannins toniques apportent de l'envergure, une épaule solide sur laquelle le plat se pose, des bras rassurants qui font tournoyer sans jamais ciller. 

Rouget d'été, risotto de la mer

Cuisson parfaite pour une belle expression de ce poisson. La chair ronronne comme un chat au coin du feu, et ses parfums iodés embaument ta bouche avec volupté. 

Château Milon 2010- AOC Saint Emilion Grand Cru

Dans un millésime plus jeune, le Château Milon exprime son potentiel avec candeur et naturel. Corsé, il ose des arômes marqués de fruits noirs appuyés qui se plaisent à taquiner le rouget aux embruns marins.

Comté et chèvre cendré

Château La Fleur Haut Gaussens 2009- AOC Bordeaux Supérieur

Rond, ample et fruité, La Fleur Haut Gaussens vient saluer chaleureusement l'assiette de fromages parfaitement affinés.

Tarte sablée, rhubarbe, fraise des bois

Gourmandise ultime, tout en contraste parfaitement orchestrés. Une base croquante aux notes beurrées prononcées, surmontée de légèreté avec une rhubarbe acidulée fondante et des fraises des bois juteuses et sucrées. Un pur plaisir auquel tu ne peux résister.

Château de la Jaubertie 2011 - Muscadelle Vieilles Vignes

Un moelleux que tu aimes sentir rouler dans ta bouche comme les vagues qui viennent lécher tes pieds sur la plage en été. Rond et suave, il a besoin d'acidité pour ne pas se laisser aller, avec la rhubarbe il est charmé.



Tous les vins présentés sont des bébés d'Olivier. Il t'explique comment il bosse avec chaque domaine depuis quelques années pour les faire éclore et en tirer toute la beauté. C'est un travail de longue haleine, minutieux et précis. C'est aussi une histoire d'hommes, de confiance et d'affinités.

Mais comment ne pas croire en les pouvoirs magiques d'un mec comme Olivier? Il a la générosité et la persévérance collés sur son front comme les jolis étiquettes qu'il fait designer. 

Ici, avec la cuisine du chef Olivier Fontaine, son travail s'exprime parfaitement. Ses vins sont tous équilibrés, structurés, et cassent les idées reçues sur les Bordeaux hypra boisés, imbuvables avant une éternité. 

Oui, de A à Z ses vins se sont frottés aux plats iodés sans aucunement se sentir déplacés. 


Olivier Dauga
Consultant en vins

Dessirier
9, place du Maréchal Juin
75017 Paris
Tél : 01 42 27 82 14
Ouvert tous les jours midi et soir
Menu : 38 € et 46 €. Carte : entre 60 et 80 €.